Le damage est devenu au fil des ans un argument fort de la satisfaction client. De surcroit, il reste l’unique solution pour préserver le plus longtemps possible un manteau neigeux de qualité. Ce métier difficile peu connu exige des qualités de pilotage, mais aussi une bonne connaissance de la neige et de la montagne.

  

Evolution du damage depuis les années 30


Au temps de la préhistoire du ski, nous parlons des années 30 à 60, le damage consistait à écraser grossièrement la neige, à ski, pour la rendre plus compacte et plus agréable à skier. Cet épisode héroïque de l’histoire des pistes n’est aujourd’hui, vous le savez, plus qu’un souvenir.

Aujourd’hui, les dameuses cassent les bosses grâce à leur lame frontale articulée qui permet de dégager la neige là où le chauffeur le souhaite. Casser les bosses c'est bien, mais skier sur des traces de chenilles, ce n’est pas très agréable et guère au goût de skieurs de plus en plus exigeants. Ainsi au début des années 80, les premières dameuses à fraises hydrauliques viennent comprimer encore plus le manteau neigeux, prolongeant ainsi sa durée de vie.

La fraise est une espèce de rouleau denté qui permet de "broyer" et aérer la neige. Celle-ci une fois soumise à ce traitement de choc est ensuite lissée par le peigne. Ce dernier n'est plus en métal comme à ses débuts, mais conçu dans une espèce de caoutchouc pour un travail encore plus fin.
Désormais, la fraise attelée à ces machines puissantes est devenue l’accessoire unique qui sert à tout. Les dameurs parviennent ainsi à un meilleur résultat grâce à ces nombreux réglages : profondeur d’attaque, déport, angle d’attaque…

L’inventivité des constructeurs n’ayant pas de limites, les machines peuvent être équipées de divers accessoires interchangeables selon les besoins. Il existe les Dragon pipe pour façonner les parois des half-pipes, les turbos fraise pour dégager de grosses quantités de neige, ou alors un godet pour transporter de la neige… Nous sommes loin des bons vieux Ratrac Pister de 1974, avec leur moteur Ford essence 4 cylindres en V développant tout juste 65cv avec un système de braquage par sangles !

 

Une technologie de pointe et un personnel formé.


Les dameuses développent désormais la bagatelle de 430cv, sont larges de 5.5 m pour10 mètres de long et peuvent abattre 10ha à l'heure ! La technologie embarquée et le coût exorbitant de ces machines exigent un personnel formé et compétent.

Face aux saisons de neige de plus en plus courte, face à  l’appauvrissement du manteau neigeux, il faut désormais établir une stratégie de damage, en fonction de la nature des sols, de la pente, de la fréquentation de telle ou telle piste qui « s’use » plus vite que d’autres, une stratégie à élaborer en fonction du climat, de la qualité de la neige, en fonction de la quantité de neige de culture produite, neige qu’il faudra bien sûr retravailler et étaler sur les pistes. Il faudra aussi un doigté particulier pour travailler et façonner les snowparks, les nouveaux espaces désormais indispensables en station.

 

Le damage, un travail de pros et de passionnés !


Le grain fin ne se travaille pas comme le grain rond la soupe de printemps, ou encore comme la poudreuse de la veille expliquent les dameurs.
D’après les anciens du métier interrogés à l’Alpe d’Huez (la station iséroise, pilote dans le damage, a remporté le trophée 2012 de l’Eco-Damage) le dameur doit d’abord avoir une bonne connaissance de la nivologie du domaine skiable et du terrain. Il doit pouvoir prendre ses repères pour se retrouver dans le brouillard et être doté d’une bonne mémoire : un pylône, des jalons, un rocher sont des choses qu’un GPS ignore. Il faudrait 5 à 6 ans d’expérience pour « sentir » que l’on chemine hors piste. Mais les anciens sont là pour conseiller et aider les novices, car il y a un esprit collectif au damage.

 

Comment devient-on dameur ?


Pour s'installer aux commande d'une dameuse, nul besoin de diplôme obligatoire, mais un CAP dans les domaines du transport et du génie civil ou encore un diplôme de pisteur secouriste premier degré facilité facilitent évidemment l’embauche.

Une bonne connaissance du milieu montagnard et du ski est aussi bien sûr indispensable. De l’avis de tous les dameurs, c’est un métier passion : il faut apprécier la solitude, la mécanique, les belles machines, être précis, méticuleux… La formation se fait surtout sur le terrain au sein d’une équipe expérimentée, l’expérience étant essentielle. Côté salaire, le débutant commence au SMIC, avec des primes, car le travail se fait essentiellement de nuit.

Clé de voute de l’enneigement en station, le damage est devenu un métier important, en pleine évolution. Des promenades en dameuse aménagées figurent même au programme. Les perspectives d’avenir et de travail sont plutôt favorables, car les stations sont friandes de bons dameurs.