Cette fois, dans de nombreuses stations de ski, c’est la fin… fini la neige et le ski, place (bientôt) aux randonneurs et autres vététistes… Mais une fois fermée, que se passe-t-il dans une station de ski durant l’intersaison ?

Après 6 mois d’ouverture en continu (7j/7 depuis la mi-novembre pour certaines), les stations de ski ferment une à une, mettant un terme à leur saison d'hiver. Les derniers skieurs ont profité des très bonnes conditions d’enneigement jusqu’aux derniers jours d'ouverture et les stations désormais fermée changent de physionomie en quelques heures seulement :

-    Le bruit de fond des remontées mécaniques s’estompe et laisse place à un calme déroutant,
-    Le flux continu de skieurs cesse brutalement
-    La grande majorité des commerces ferment
-    Les services de navettes/bus s’arrêtent du jour au lendemain
-    Les parkings se vident
-    Les saisonniers partent pour d’autres horizons
-    …
-    Ne restent que les quelques locaux qui retrouvent un peu de quiétude…

Mais une fois le dernier skieur de la saison parti, que se passe-t-il vraiment dans une station de ski ?

  

Fin de contrat pour 90% des salariés


La fermeture des stations sonne également la fin de saison (et donc de contrat) pour de très nombreux saisonniers : moniteurs de ski, perchmans, pisteurs secouristes, chauffeurs de dameuses, hôtesses d’accueil, serveurs, cuisiniers, ski mans…

Tout ce personnel qui travaille durant toute la saison d’hiver à l’accueil des skieurs va devoir se mettre en quête d’un autre job. Certains sont pluri actifs et exercent un second métier durant les beaux jours (principalement dans le bâtiment ou l’agriculture), d’autres vont profiter des prochaines semaines pour voyager tandis que d’autres encore enchaineront très vite une nouvelle saison d’hiver dans l’hémisphère sud (beaucoup de moniteurs partent par exemple exercer en Argentine et au Chili).

Dans les sociétés exploitant les remontées mécaniques, tout le monde n’est cependant pas saisonnier et environ 12 à 15% du personnel est embauché « à l’année » : dans les services administratifs, à la direction, aux relations presse, mais également à l’entretien. Pour eux, c’est une nouvelle saison qui débute, sur un rythme moins soutenu certes, mais avec toujours à l’esprit l’idée que la saison d’été sera vite là et avec elles les vacanciers venus profiter des joies de la montagne. Tout devra de nouveau être prêt et opérationnel à leur arrivée…

  

Mise à l’arrêt des remontées mécaniques


C’est sans doute l’opération la plus visible par le grand public une fois les stations de ski fermées : les téléskis sont « déshabillés » de leurs perches, certains télésièges sont délestés de leurs sièges, les télécabines voient leurs cabines stockées en gare… chaque remontée passe en mode «été».

Parallèlement à ce « délestage », le personnel en charge des remontées mécaniques effectue également d’autres opérations telles que :

-    La mise hors tension : la traction qui s’exerce sur le câble des téléskis est relâchée
-    Le recaoutchoutage des poulies : on change la « bande de roulement » des poulies
-    Le changement des galets usés
-    La mise hors tension de toutes les installations électriques

D’autres opérations de maintenance plus longues surviendront tout au long du printemps, de l’été et de l’automne (changements de roulements, de poulies, révisions trentenaires…)

     

Gros travail de dé-balisage sur les pistes de ski


En début de saison, après les premières chutes de neige, les pisteurs secouristes mettent progressivement en place tous les éléments de sécurisation du domaine skiable (filets, matelas de protection, éléments de signalisation…) ainsi que le balisage des pistes (jalons, panneaux de direction…).

Une fois la saison achevée, il faut procéder à l’opération inverse, à savoir démonter l’ensemble de ce matériel et le stocker en vue de la prochaine saison : des dizaines de filets, des centaines de matelas et de panneaux, des milliers de jalons à récupérer, à vérifier et à ranger.
Cette opération de dé balisage doit s’effectuer assez rapidement après la fermeture des stations afin de pouvoir encore circuler en ski, en moto neige ou en dameuse sur l’ensemble du domaine skiable. Descendre une brassée de jalons sur l’épaule et en ski, c’est jouable, par contre dé baliser une fois que la neige a disparu, c’est un tout autre boulot !

 

Conditionnement du matériel pour l’intersaison


La spécificité même d’une station de ski, c’est qu’elle ne fonctionne qu’en hiver (mis à part quelques domaines ouverts toute l’année en Suisse ou en été comme à Tignes ou aux 2 Alpes). De fait, tout le matériel utilisé durant l’hiver (dameuses, barquettes et autres traineaux de secours, canons à neige, motos neige…) doit être soigneusement entreposé (dans la mesure du possible à l’abri) de mai à novembre.

Une fois la saison d’hiver terminée, il faut donc :

- Redescendre l’ensemble des canons à neige dispersés sur le domaine skiable (on les tracte avec une dameuse) et les « garer » au sec. Certaines stations préfèrent laisser les canons à neige en place et se « contentent » de les bâcher pour les protéger des intempéries et du soleil. D’autres canons à neige dits « à basse pression » (ces longues perches qui « fleurissent » aux bords des pistes) ne nécessitent pas d’être démontées et peuvent rester en place durant l’intersaison.

- Effectuer une révision complète de chaque dameuse (remise en état des trains de chenilles, vidanges, changements des filtres, vérifications des pressions hydrauliques…) avant, là aussi, de les «stationner » après avoir pris soin de les décheniller (pour un gain de place, mais également pour éviter que le soleil et la chaleur ne viennent les abimer)

- Les motos neige ainsi que les barquettes sont elles aussi regroupées et stockées bien au sec dans les différents postes de secours et autres garages

  

Grand ménage de printemps dans les hôtels et résidences


Une fois le rush de la saison d’hiver passé, les hébergeurs ne s’octroient généralement guère plus d’un week-end de congés et préfèrent enchaîner directement avec le grand ménage de printemps.

Après une occupation quasi continue depuis six mois, les chambres/appartements sont nettoyés de fond en comble, un état des lieux très précis est réalisé et les éléments présentant des dysfonctionnements sont identifiés dans le but d’être remplacés (petit électroménager, vaisselle ébréchée, porte de douche malmenée…).

Ce n’est qu’une fois ce grand ménage terminé que les hébergeurs se considèrent véritablement en vacances…

 

Tri et état des lieux dans les skis shops / locations de skis


Dans les magasins de location de skis, la fin de saison est surtout synonyme de tri : l’ensemble du parc de matériel mis en location (skis, snowboards, snowblades, chaussures, bâtons, casques, luges…) passe entre les mains du ski man.

- On commence par jeter ce qui n’est plus en état et qui n’est pas réparable (skis aux carres arrachés, chaussures fissurées, bâtons fendus…)
- On nettoie et désinfecte l’ensemble des chaussures de ski et des bottes de snowboard
- On passe en revue les centaines de paires de skis en mettant de côté celles nécessitant une réparation (fixations défectueuses, stop-skis tordu…)
- On fait l’inventaire de ce qu’il faudra prévoir d’acheter pour la saison prochaine (une paire de skis ne fait guère plus de deux saisons complètes)
- Enfin, on range tout ce matériel méticuleusement taille par taille, pointure par pointure…

L’entretien à proprement parlé des skis (bouchage des trous, surfaçage, ponçage, affutage des carres, fartage…) s’effectuera, quant à lui, un peu plus tard (généralement durant l’été)

 

Opération déménagement dans les restaurants d’altitude


Gérer un restaurant, ce n’est déjà pas chose facile, mais avec les contraintes supplémentaires d’un établissement d’altitude (pas de route d’accès pendant 6 mois, pas de service de ramassage des ordures, pas de tout-à-l’égout…) c’est encore autre chose !

La fin de saison dans les restaurants d’altitude permet donc d’abord de souffler un peu après plusieurs mois de travail parfois intensif. Mais l’heure de se prélasser sur une plage ensoleillée n’a pas encore sonnée et il faut encore nettoyer cuisines et salles, mettre à l’abri l’ensemble du mobilier de la terrasse, descendre les tonnes de cartons d’emballage accumulés pendant six mois, vider les frigos/congélateurs, vidanger le réseau d’eau (on n’est pas à l’abri d’une gelée tardive)… enfin bref, le travail ne manque pas !